JOURNAL OFFICIEL DE LA COMMUNE DE PARIS – 1er au 9 mai 1871

Lundi 1er mai 1871 1maibasbas

[…] Considérant que les lois et ordonnances qui régissent les monts-de-piété constituent un privilége en faveur d’une exploitation privée; […] la Commune, décrète : Art. 1er. La liquidation des monts-de-piété est prononcée. […]
Il est bien entendu qu’à la liquidation du mont-de-piété doit succéder une organisation sociale qui donne au travailleur des garanties réelles de secours et d’appui, en cas de chômage et de maladie. Certes, la suppression de cette institution ne devra causer aucune appréhension à qui que ce soit, et, nous devons en être bien convaincus, l’établissement de la Commune commande de nouvelles institutions, réparatrices, susceptibles de mettre le travailleur à l’abri de l’exploitation par le capital, à l’abri des nécessités d’emprunts usuraires et d’installer à son foyer le calme et la tranquillité, qui retrempent les courages et moralisent l’individu.

Mardi 2 mai 1871 2maibas

Rapports militaires. Issy – Le fort a été sommé de se rendre. Nous avons répondu aux troupes versaillaises que nous le ferions plutôt sauter que de le livrer aux royalistes.
Asnières – De huit heures du soir jusqu’à onze heures du matin, les troupes de Versailles ont attaqué les nôtres. L’ennemi a été refoulé avec de grandes pertes de son côté. Le 174e bataillon a eu 2 tués et 3 blessés. […]

 

Mercredi 3 mai 1871 3maibas

Séance du 28 avril 1871.
Présidence du citoyen J. Vallès
La proposition suivante est déposée sur le bureau par le citoyen J. Miot:
«Vu la gravité des circonstances et la nécessité de prendre promptement les mesures les plus radicales, les plus énergiques,
La Commune, décrète:
Art. 1er. Un comité de salut public sera immédiatement organisé.
Art. 2. Il sera composé de cinq membres nommés par la Commune, au scrutin individuel.
Art. 3. Les pouvoirs les plus étendus sur toutes les commissions sont donnés à ce comité, qui ne sera responsble qu’à la Commune.
J. Miot»

Jeudi 4 mai 1871 4maibas

Dépèches télégraphiques.
Asnières.
Soirée du 2 mai, canonnade intense. On croyait à l’attaque: elle n’a pas eu lieu. Tir continuel des ruraux sur le chemin de fer. Midi, calme. Wagons blindés fouillent Asnières. Deux heures de combat vif, ennemi repoussé. Versaillais envoient obus à pétrole, fait avéré par obus non éclaté.

 

 

Vendredi 5 mai 1871 5maibas

Un club a été ouvert hier soir, 3 mai, dans l’église St-Michel, rue St-Jean, à Batignolles. Il prend le nom de Club de la Révolution sociale. L’église était comble et les femmes en majorité. On sentait qu’en partant se battre pour la Commune, les maris avaient laissé au logis un germe solide d’idées révolutionnaires. […] L’orgue a ouvert la séance par la Marseillaise, chantée tout au long par les citoyens et citoyennes du club, avec un enthousiasme admirable. […] Après plusieurs discours révolutionnaires très intéressants, prononcés par les citoyens Combault, Sévin, Sassin, Faillet, l’écharpe rouge a été attachée à la chaire à prêcher, transformée désormais en tribune populaire. […]

Samedi 6 mai 1871 6maibas

Le citoyen Guigard est adjoint provisoirement au citoyen Elie Reclus pour la réorganisation de la Bibliothèque nationale.
Suivant les prescriptions du délégué à l’enseignement, les lecteurs sont informés que la réouverture de la bibliothèque communale dite Mazarine aura lieu à partir du lundi 8 mai, et que les séances publiques se tiendront tous les jours, de dix à quatre heures.

 

Dimanche 7 mai 1871 7maibas

Les Défenseurs de la République, dits turcos de la Commune, qui ont déjà eu plusieurs fois l’occasion de se rencontrer avec l’ennemi du droit et de l’humanité, avec les Versaillais, en un mot, ont besoin de compléter leur effectif. Ils viennent donc d’adresser à tout ce qui est véritablement homme de coeur et dévoué à la République en faisant savoir que les enrôlements ont lieu caserne Nationale, ex-caserne Napoléon, de huit heures à onze heures, et de une heure à cinq heures. Les enrôlements seront terminés dans un bref délai.

Lundi 8 mai 1871 8maibas

Ordres.
Par suite de la maladie du général La Cécilia, tout le commandement de la rive droite est confié au général Wrobleski. Les commandants des forts de la rive droite, les officiers chargés de la défense de l’enceinte, les commandants des troupes actives réunies en dehors de l’enceinte obéiront au général Wrobleski, commandant l’aile gauche, en tout ce qu’il leur commandera. Les autorités civiles des communes situées en dehors de l’enceinte déféreront à toutes ses réquisitions.
Le délégué à la guerre,
Rossel

Mardi 9 mai 1871 9maibas

Un peuple libre sait respecter et faire respecter ce qui appartient à tous. Le Muséum d’histoire naturelle, institution scientifique nationale, est placé sous la sauvegarde des citoyens; ils prêteront aide aux gardiens ordinaires de l’établissement, et, au besoin, agiront d’eux-mêmes pour garantir les intérêts généraux.
Le délégué administratif de la Commune de Paris au Muséum d’histoire naturelle.


fleche                                                                 Mercredi 10 au mardi 16 mai 1871

fleche_retourLundi 24 au dimanche 30 avril

 

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