JOURNAL OFFICIEL DE LA COMMUNE DE PARIS – 10 au 16 mai 1871

Mercredi 10 mai 1871 10maibas

Le directeur général de l’Assistance publique.
Considérant que les noms des salles des hôpitaux et hospices ne rappellent à l’esprit que des souvenirs de fanatisme;
Considérant qu’il est nécessaire de perpétuer la mémoire de ceux qui ont vécu ou qui sont morts pour le peuple, pour la patrie, pour la défense des idées généreuses, nobles inspirations du socialisme et de la fraternité,
Arrête:
Une commission est instituée pour substituer de nouveaux noms dans toutes les salles, cours ou corridors des établissements dépendants de l’Assistance publique. Les membres de cette commission sont: le citoyen Bonnard, le citoyen Camille Treillard et le citoyen Murat.
Le directeur général,
Treillard.

Jeudi 11 mai 1871 11maibas

Le Comité de salut public,
Vu l’affiche du sieur Thiers, se disant chef du pouvoir de la République française; que dans ce document il déclare que son armée ne bombarde pas Paris, tandis que chaque jour des femmes et des enfants sont victimes des projectiles fratricides de Versailles; qu’il y est fait un appel à la trahison pour pénétrer dans la place, sentant l’impossibilité absolue de vaincre par les armes l’héroïque population de Paris,
Arrête :
Art. 1er Les biens meubles des propriétés de Thiers seront saisis par les soins de l’administration des domaines.
Art. 2. La maison de Thiers, située place Georges, sera rasée […]
Les membres du Comité de salut public,
Ant. Arnaud, Eudes, F. Gambon, G. Ranvier.

12maibasVendredi 12 mai 1871

Concert des Tuileries. La soirée dramatique et artistique donnée hier aux Tuileries, au bénéfice des blessés de la garde nationale, a été très brillante dans son organisation et son exécution. […] L’éclairage était splendide, non seulement à l’intérieur, mais encore au-dehors. Des verres de couleur rouge étaient disposés partout dans les arbres et les massifs; des lampions émaillaient les gazons et les bordures. C’était d’un charmant effet. […]
Dans la salle des Maréchaux, Mlle Agar a électrisé l’auditoire en disant Le Lion blessé de Victor Hugo, avec le magnifique talent qu’on lui connaît et le galbe si expressif qui donne encore du relief à sa diction. […] Mme Bordas, qui a chanté deux chansons de circonstance, avec sa verve accentuée et communicative, et qui a été écrasée de bravos enthousiastes dans La Canaille, exigée et bissée avec frénésie. […]

 Samedi 13 mai 1871 13maibas

Le citoyen Delescluze, délégué civil à la guerre, aux citoyens membres de la Commune:
Citoyens,
Je viens vous demander la mise à l’ordre du jour, par affiche, du 128e bataillon de la garde nationale, qui, cette nuit, sous la conduite du général Dombrowski, a nettoyé le parc de Sablonville des Versaillais qui l’occupaient, et l’a fait avec un merveilleux entrain. Je me propose d’offrir des revolvers d’honneur à quelques-uns des officiers et soldats qui se sont principalement distingués; mais une déclaration de la Commune aura un bien autre effet sur les esprits.
Le délégué civil à la guerre.
Delescluze.
La Commune à l’unanimité,
décrète:
Le 128e bataillon a bien mérité de la République et de la Commune.

Dimanche 14 mai 1871 14maibas

Le commandant de la 6e légion porte à l’ordre du jour les deux frères Ernest et Félix Durand, du 115e bataillon, l’un âgé de 14 ans et l’autre de 17 ans. Ces deux jeunes gens se sont brillamment conduits à l’attaque du parc d’Issy. Ils ont pendant plus d’une heure, essuyé le feu des Versaillais à 100 mètres de distance; puis avec leurs camarades de la 1re compagnie, ils se sont élancés à la baïonnette et ont pris la barricade des Moulineaux, le lundi 9 mai. Le plus âgé des deux frères, Ernest tomba frappé d’une balle en plantant le drapeau du bataillon sur la crête de la barricade. Félix s’élança pour reprendre le drapeau et recueillir le corps de son frère; il tomba à son tour foudroyé au-delà de la barricade. Ils sont morts tous deux. Le père a cessé de pleurer ses fils. il prend le fusil pour tâcher de les venger. Avis aux lâches qui ont touché la solde et qui se sont cachés à l’heure de leur départ.
Le commandant de la 6e légion, Combatz

Lundi 15 mai 1871 15maibas

Le Comité de salut public,
Considérant que, ne pouvant vaincre par la force la population de Paris, assiégé depuis plus de quarante jours pour avoir revendiqué ses franchises communales, le Gouvernement de Versailles cherche à introduire parmi elles des agents secrets dont la mission est de faire appel à la trahison.
Arrête:
Art. 1er. Tout citoyen devra être muni d’une carte d’identité contenant ses noms, prénoms, profession, âge et domicile, ses numéros de légion, de bataillon et de compagnie, ainsi que son signalement.
Art. 2. Tout citoyen trouvé non porteur de sa carte sera arrêté, et son arrestation maintenue jusqu’à ce qu’il ait établi régulièrement son identité. […]
Le Comité de salut public,
Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes,
F. Gambon, G. Ranvier.

Mardi 16 mai 1871 16maibas

Tous les ouvriers terrassiers sont invités à se faire inscrire à la mairie de leur arrondissement, pour prendre part aux travaux concernant la défense de Paris.
Ils recevront 3 fr. 50 par jour.
Le délégué civil à la guerre,
Ch. Delescluze

 

 

 

 

fleche                                                                         Mercredi 17 au samedi 20 mai 1871

fleche_retourLundi 1er au mardi 9 mai 1871

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